Alors que l’Italie teste depuis cet automne des radars dopés à l’intelligence artificielle capables de détecter l’usage du téléphone ou l’absence de ceinture, la Sécurité routière confirme qu’aucune nouvelle fonction de ce type n’entrera en service en France en 2026.
Des radars capables de repérer jusqu’à une quinzaine d’infractions
En Italie, le boîtier SafeDrive du groupe Sodi Scientifica est testé depuis cet automne sur la voie express Florence-Pise-Livourne, à Lastra a Signa. Autorisé pour 90 jours renouvelables une fois par la métropole de Florence, l’essai se déroule sans transmission à la police ni amende : une patrouille postée une centaine de mètres plus loin intercepte les véhicules signalés.
Doté de LED infrarouges et de réseaux de neurones, l’appareil surveille plusieurs voies dans les deux sens jusqu’à 150 km/h, détecte l’usage du téléphone et le port de la ceinture, et vérifie via la plaque l’assurance et le contrôle technique du véhicule. SafeDrive est déjà utilisé à Treviglio, Villanova di Camposampiero, Alessandria et Fossano.
En France, des prototypes comparables (notamment chez Idemia et Parifex) ont été présentés lors de salons professionnels, mais aucun n’est aujourd’hui homologué. Un décret du 5 juillet 2023 autorise pourtant la verbalisation automatisée d’une quinzaine d’infractions, dont le téléphone au volant, l’absence de ceinture et le non-respect des distances de sécurité. Dans les faits, seuls la vitesse, le franchissement de feu rouge, les passages à niveau et, depuis avril 2024, les voies réservées au covoiturage sont verbalisables automatiquement.
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Distance, casque et bruit : ce qui concerne les motards
Pour les deux-roues, ce ne sont pas tant le téléphone ou la ceinture qui sont visés que la distance de sécurité, le port du casque et le niveau sonore. Le non-port du casque figure d’ailleurs, dans les textes, juste après la distance de sécurité parmi les infractions susceptibles d’être un jour automatisées, aux côtés du franchissement de ligne continue ou du non-respect des zones d’attente réservées aux cyclistes. Un appareil de mesure du bruit des véhicules était par ailleurs en cours d’homologation fin 2025. Le sujet n’a rien d’anodin pour les motards : en 2024, 720 motards sont morts sur les routes françaises, soit 23 % de l’ensemble des tués de la route, une proportion qui explique l’attention portée par les pouvoirs publics à ce type de contrôle.
Si chacune de ces infractions venait à être homologuée, l’addition serait salée : 135 euros et 3 points par infraction constatée, avec un plafond théorique de 8 points retirés en cas de cumul de plusieurs infractions lors d’un même passage.
Un calendrier repoussé malgré les rumeurs
Ces nouvelles fonctions figuraient dans les documents budgétaires de 2025, mais elles ont disparu du projet de budget 2026. Interrogée par RTL, la direction de la Sécurité routière a qualifié de « pure désinformation » les rumeurs d’un déploiement en 2026, confirmant en juillet dernier qu’aucune nouvelle fonctionnalité n’apparaîtrait sur les radars cette année.
Un appel d’offres a toutefois été lancé pour équiper le parc des 1 700 tourelles prévues d’ici fin 2028, la détection de la distance de sécurité étant évoquée comme la première brique susceptible d’arriver, avant le téléphone ou la ceinture. De son côté, l’Italie devra elle aussi faire évoluer sa législation avant de pouvoir sanctionner automatiquement les infractions que ses radars savent déjà repérer.

