norton manx 1953

Norton a engagé une Manx 30M Long Stroke reconstruite aux spécifications de 1953 dans le Barry Sheene Memorial Trophy du Goodwood Revival. La machine a bouclé les deux manches sans abandon, contrairement à de nombreuses concurrentes.

Une Manx 30M reconstruite aux spécifications de 1953

La moto engagée par Norton, en partenariat avec le préparateur britannique Works Racing, est une Manx 30M Long Stroke de 1953, reconstruite selon les spécifications exactes de ce millésime, antérieur à la réduction de course à 86 mm intervenue en 1954. Son moteur à double arbre à cames en tête conserve une course longue de 100 mm et développe 46 chevaux, pour un poids d’environ 135 kg. Le cadre Featherbed, avec son sous-cadre arrière boulonné caractéristique, a été fabriqué à partir des gabarits d’origine du constructeur anglais. La partie-cycle reprend une boîte de vitesses à quatre rapports, un embrayage à sec à trois ressorts, un carburateur SU GP et une fourche Norton Roadholder, autant d’éléments mécaniques typiques des machines de course britanniques du début des années 1950.

Cette fidélité aux spécifications d’une année précise n’est pas un détail anodin pour les connaisseurs de la discipline. Entre 1953 et 1954, Norton avait réduit la course de son moteur de 100 à 86 mm, modifiant sensiblement le caractère du bloc et sa plage d’utilisation. Reconstruire une Manx selon le gabarit antérieur à cette évolution suppose un travail minutieux de reproduction des pièces d’origine, le cadre Featherbed ayant notamment été refabriqué à partir des gabarits historiques du constructeur plutôt que d’une simple restauration d’un exemplaire d’époque.

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Le Barry Sheene Memorial Trophy

Cette Manx a disputé le Barry Sheene Memorial Trophy, une épreuve du Goodwood Revival 2026 réservée aux machines construites entre 1948 et 1966, en hommage au double champion du monde britannique. Le format retenu comprenait deux courses de 25 minutes, chacune disputée par une équipe de deux pilotes se relayant sur la machine. Pour Norton, le duo était composé de Carl Stevens, rédacteur en chef du magazine britannique Motor Cycle News, et de Graham Higlett. Les deux pilotes ont bouclé l’intégralité des deux manches sans abandon, alors que de nombreuses machines concurrentes ont rencontré des problèmes mécaniques au cours de l’épreuve, un résultat qui valorise autant la préparation de Works Racing que la fiabilité retrouvée de cette reconstruction historique. Le Goodwood Revival, organisé chaque année sur le circuit anglais du même nom, rassemble des machines et des voitures de compétition d’après-guerre dans une mise en scène qui reconstitue jusqu’au moindre détail l’ambiance des paddocks de l’époque, des tenues des mécaniciens aux publicités d’époque affichées autour de la piste.

Un symbole pour la marque

Pour Norton, cette participation au Goodwood Revival s’inscrit dans une démarche de mise en valeur de son patrimoine de compétition, à une période où la marque britannique développe en parallèle sa gamme moderne. Richard Arnold, Executive Director de Norton, a résumé cette démarche en déclarant : « L’excellence en ingénierie et la compétition ont toujours été au cœur de Norton. » L’épreuve du Goodwood Revival, connue pour son exigence d’authenticité historique jusque dans les tenues des pilotes et le décor du circuit, offre à ce type de machine reconstruite une vitrine particulièrement suivie par les passionnés de compétition moto d’époque, en Grande-Bretagne comme à l’international.

La collaboration avec Works Racing, préparateur spécialisé dans les machines de course historiques, illustre la manière dont ce type d’opération associe le savoir-faire d’un atelier indépendant à l’image de marque d’un constructeur historique.