dashcam

La législation portugaise concernant la protection des données considère l’enregistrement vidéo non autorisé dans les espaces publics comme une atteinte significative à la vie privée.

La législation portugaise sur la protection des données

La base de cette législation est la loi nationale n° 58/2019, qui met en œuvre le règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’Union européenne. Selon l’article 19, il est stipulé que les caméras ne peuvent pas être installées sur la voie publique ou dans des propriétés adjacentes, sauf si cela est absolument nécessaire pour des raisons de sécurité. Cela signifie que les dashcams embarquées dans les véhicules privés ne répondent généralement pas à cette exigence. En conséquence, leur utilisation peut poser des problèmes juridiques pour les propriétaires de véhicules.

Lire en complément: Adapter Cardo pour casque Shoei GT-Air 3 : l’intégration parfaite avec les PACKTALK-Systemes

La possession peut déjà conduire à une punition

L’approche du Portugal est particulièrement stricte, car non seulement l’utilisation, mais même la possession d’une dashcam peut entraîner des conséquences juridiques. Les autorités portugaises précisent clairement que la présence d’une caméra visible dans la voiture, que ce soit sur le tableau de bord, dans la boîte à gants ou dans le coffre, peut donner lieu à une intervention de la police. Dans les cas extrêmes, les amendes peuvent atteindre jusqu’à 25 000 €.

Le droit pénal portugais renforce cette position dans l’article 199, stipulant que l’enregistrement et la diffusion non autorisés de déclarations ou d’images non publiques peuvent être punis d’une amende ou d’une peine d’emprisonnement. Bien que les tribunaux reconnaissent les enregistrements des dashcams comme preuve dans des cas individuels, cela ne se fait que sous des conditions strictes, après un examen minutieux de chaque situation.

Des réglementations strictes similaires en Autriche, au Luxembourg et en Suisse

D’autres pays européens, tels que l’Autriche, le Luxembourg et la Suisse, adoptent également une approche stricte en matière de vidéosurveillance. En Autriche, les dashcams sont considérées comme des appareils d’enregistrement illégaux, car elles capturent systématiquement des images sans consentement préalable. Les amendes peuvent atteindre 25 000 € en cas d’infraction, en particulier si les images enregistrées sont partagées publiquement.

Au Luxembourg, bien que de nombreux conducteurs pensent que filmer depuis un véhicule privé est un usage privé, la loi considère cela comme une violation de la vie privée. Les autorités soulignent que même les touristes sont soumis à ces réglementations. En Suisse, bien que le pays ne soit pas membre de l’UE, le Préposé fédéral à la protection des données interdit effectivement l’utilisation de dashcams, sauf dans des conditions très strictes, ce qui complique leur utilisation dans la pratique.

Différences à travers l’Europe : des zones grises juridiques subsistent

Alors que des pays comme le Portugal, l’Autriche, le Luxembourg et la Suisse ont émis des interdictions claires, d’autres pays européens ont des réglementations plus nuancées. En Allemagne, les dashcams sont autorisées sous des conditions strictes, où seules de courtes séquences peuvent être sauvegardées et les enregistrements doivent être conformes à la réglementation sur la protection des données.

En France, l’utilisation est permise à des fins privées, mais les visages et les plaques d’immatriculation doivent être masqués en cas de partage. La Belgique exige également un consentement explicite pour la publication d’enregistrements. Ces différences créent des risques importants pour les voyageurs transfrontaliers, car ce qui est acceptable dans un pays peut être considéré comme illégal dans un autre.

Ce que les voyageurs devraient considérer

Pour les voyageurs, la prudence est de mise, surtout en été, lorsque de nombreux touristes traversent l’Europe en voiture. Les experts recommandent vivement de se renseigner sur la réglementation en vigueur avant de voyager et, si nécessaire, de retirer complètement les caméras du tableau de bord du véhicule. Les caméras visibles, même lorsqu’elles sont éteintes, peuvent déjà être considérées comme une infraction. De plus, il est important de ne pas publier d’enregistrements des dashcams sur Internet sans contrôle, car cela peut entraîner des sanctions. Si vous souhaitez conserver des enregistrements pour des raisons de sécurité, envisagez d’utiliser des outils alternatifs, tels que des traceurs GPS ou des journaux de bord numériques, qui ne collectent pas de données personnelles.

La protection des données ne connaît pas de frontières nationales

La situation juridique concernant l’utilisation de dashcams en Europe est extrêmement incohérente et complexe. Le Portugal a envoyé un signal clair avec son interdiction explicite, suivi par d’autres pays comme l’Autriche, le Luxembourg et la Suisse.

Pour les voyageurs, cela signifie qu’un appareil facilement autorisé en Espagne ou en Allemagne peut devenir un piège financier ou juridique à quelques kilomètres seulement. Pour éviter des tracas inutiles, des amendes ou même des poursuites judiciaires, il est essentiel de retirer votre dashcam lorsque vous traversez des zones interdites ou, à tout le moins, de la ranger de manière inaccessible et invisible.