La Guardia Civil espagnole aligne désormais 130 unités du Veloláser, un radar laser portable indétectable par les avertisseurs classiques. Un nouveau marché de plus d’un million d’euros doit y ajouter des appareils encore plus performants d’ici 2027.
Utilisé depuis 2018 par la Dirección General de Tráfico (DGT), l’organisme espagnol de sécurité routière, et par la Guardia Civil, le Veloláser reste un outil discret mais central du contrôle de vitesse en Espagne, un pays traversé chaque année par de nombreux motards français.
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Un radar laser invisible, sans flash
Haut d’une cinquantaine de centimètres et pesant entre 1,2 et 2 kg selon les sources, le Veloláser mesure la vitesse par impulsions laser infrarouges d’une longueur d’onde de 905 nanomètres, invisibles à l’œil et indétectables par les avertisseurs de radars classiques qui surveillent les bandes K ou Ka. La mesure ne prend qu’environ 0,3 seconde. Grâce à sa connexion Wi-Fi et 4G, l’appareil transmet en temps réel images et relevés à une tablette, ce qui permet aux agents de rester à distance dans leur véhicule plutôt que de se tenir à côté du radar. Son autonomie atteint cinq heures.
L’appareil couvre une plage de 30 à 250 km/h, dans les deux sens de circulation, de jour comme de nuit et par tous les temps, avec une distance de mesure optimale de 15 à 50 mètres. Il distingue les catégories de véhicules et peut appliquer des limites différentes selon la voie surveillée. Depuis un arrêt de la Cour suprême espagnole qui assimile le Veloláser à un radar fixe, sa marge d’erreur retenue n’est que de 5 %, contre 7 % pour les autres radars mobiles : sur une route limitée à 120 km/h, une infraction peut ainsi être retenue dès 126 km/h.
Des emplacements changeants, concentrés sur les zones accidentogènes
La flotte actuelle provient de deux commandes, 60 appareils achetés début 2018 pour un total de 860 310 euros, puis 70 unités supplémentaires. Les Veloláser sont prioritairement déployés sur les routes secondaires et les tronçons à forte concentration d’accidents identifiés par la DGT. Fixés sur des glissières, accrochés par aimant à des panneaux, posés sur trépied derrière un abribus ou embarqués dans des véhicules banalisés, ils n’occupent en moyenne qu’une position pendant 70 minutes environ, sans liste de sites fixes.
De nouveaux radars laser attendus d’ici 2027
La DGT a par ailleurs attribué en février 2026, pour un montant de 1 020 000 euros hors taxes, un marché portant sur de nouveaux radars laser dynamiques destinés à la Guardia Civil. Selon les informations reprises par la presse spécialisée, il s’agirait de 15 appareils du fabricant allemand Jenoptik, capables de couvrir jusqu’à six voies dans les deux sens et de photographier un véhicule jusqu’à 1 200 mètres. Ce marché est distinct d’un autre programme, annoncé dès 2025, qui prévoit 122 nouveaux points de contrôle fixes ou de tronçon, dont 106 étaient déjà en service fin février 2026.
La DGT justifie cet effort par l’accidentologie : la vitesse inadaptée a été un facteur dans 24 % des accidents mortels recensés en Espagne en 2024, soit 307 décès, alors que le nombre de tués sur la route a reculé de 75 % depuis le premier plan de radars fixes lancé en 2005.

