La société Damon Motorcycles, fondée en 2019, fait face à une crise de leadership majeure et à un arrêt de la production.
Crise de leadership et arrêt de la production
En l’espace de quelques mois, l’entreprise a perdu plusieurs membres clés de sa direction, notamment son PDG et cofondateur Jay Giraud, ainsi que la directrice marketing Amber Spencer et le directeur technique Derek Dorresteyn, anciennement d’Alta Motors. Suite à ces départs tumultueux, Dominique Kwong, un autre cofondateur, a été rappelé pour reprendre le poste de PDG. Malheureusement, des licenciements silencieux ont eu lieu, laissant les employés et les investisseurs dans l’incertitude.
Il est essentiel de noter que Damon n’a pas encore livré un seul modèle de moto de série, malgré des prototypes fonctionnels des modèles « Hypersport » et « Hyperfighter ». Les clients, ayant passé de nombreuses précommandes, attendent toujours un produit prêt à être commercialisé, alors que la production a été déplacée de Vancouver vers les États-Unis. Actuellement, Damon recherche encore des partenaires de fabrication pour les composants nécessaires.
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Le Nasdaq tire sur la corde sensible – arrêt des échanges et audience
En réaction à la chute drastique de ses actions, la Nasdaq a suspendu le 29 avril 2025 le trading des titres de Damon. Selon Investing.com, l’entreprise a reçu une notification officielle en vertu de la règle 5101 de la Nasdaq, soulevant des préoccupations « d’intérêt public ». Ce qui inquiète le plus, c’est la dilution significative de la valeur pour les actionnaires, causée par une récente émission de titres qui semble avoir été réalisée sans compensation adéquate. Une audience devant le Nasdaq Hearings Panel est prévue pour le 20 mai 2025, où Damon Motorcycles présentera ses plans pour rétablir la conformité. La réussite de cette démarche est encore incertaine et pourrait influencer l’avenir de l’entreprise.
Plan B : Passer au marché OTCQB ?
Damon envisage, comme alternative, de passer au marché OTCQB, géré par la OTC Markets Group Inc. Ce changement pourrait permettre à l’entreprise de rester négociable même si elle est exclue de la Nasdaq. Ce type de transition est souvent perçu comme une dernière chance et est généralement soumis à une réglementation beaucoup moins stricte, offrant ainsi une certaine flexibilité, mais aussi des risques accrus pour les investisseurs.
Vers la technologie ?
Malgré les défis, Damon affiche une détermination à se repositionner comme un fournisseur de technologies. L’entreprise se montre ouverte à la possibilité de licencier ses technologies de sécurité et de propulsion à d’autres fabricants. Cependant, aucun partenaire de licence concret n’a encore été annoncé.
De plus, la technologie « Shift », qui promet des caractéristiques ergonomiques adaptatives et des fonctionnalités de sécurité telles que le radar à 360 degrés, reste largement inexploitée sur le terrain, soulevant des doutes quant à sa viabilité.
A retenir
Damon Motorcycles se trouve à un tournant décisif. Sans produit de série concret, confronté à des problèmes de leadership et en difficulté économique, le rêve de devenir un pionnier des motos électriques est gravement menacé.
Il reste à voir si l’entreprise pourra trouver une issue favorable à cette situation critique. Ce qui est certain, c’est que sans progrès rapide et tangible, Damon aura du mal à regagner la confiance des investisseurs, partenaires et clients. La capacité de l’entreprise à surmonter ces obstacles sera cruciale pour son avenir.

