L’Association des sociétés françaises d’autoroutes (ASFA) alerte sur une nette dégradation de la sécurité en 2025 : 162 personnes sont mortes sur le réseau autoroutier concédé, soit 33 de plus qu’en 2024. L’alcool, la drogue ou les médicaments sont en cause dans près d’un quart des accidents mortels.
Une hausse de 26% de la mortalité en un an
Selon le bilan communiqué par l’ASFA, 144 accidents mortels ont été recensés sur le réseau autoroutier concédé en 2025, contre 114 en 2024, faisant 162 victimes (+26% sur un an). Le porte-parole de l’association, Christophe Boutin, explique la relative accalmie de 2024 par un contexte particulier : « les usagers étaient probablement dans un état d’esprit plus détendu », une allusion à l’effet des Jeux olympiques de Paris. Mais l’ASFA constate un retour en arrière net : « En 2025, certains conducteurs ont semble-t-il repris leurs mauvaises habitudes ».
L’alcool, les stupéfiants ou les médicaments (parfois les trois combinés) sont impliqués dans 23% des accidents mortels de l’année. Ces sinistres surviennent très majoritairement la nuit, à « 55% entre 21h00 et 6h00 », et pour « 45% » d’entre eux le week-end. L’ASFA précise que « près de 7 conducteurs alcoolisés sur 10 présentent une alcoolémie d’au moins 1,2 g/l », soit plus du double du seuil légal fixé à 0,5 g/l. Les accidents liés à l’alcool sont particulièrement fréquents les vendredi et samedi soirs, et 57% des accidents combinant alcool et vitesse excessive concernent des conducteurs de moins de 35 ans.
Lire en complément: CFMoto et Brembo officialisent un partenariat stratégique sur le freinage
Vitesse, téléphone et somnolence complètent le tableau
La vitesse excessive reste un facteur déterminant, présent dans 19% des accidents mortels sur autoroute en 2025. Les autres causes identifiées par l’ASFA sont l’inattention et l’usage du téléphone (17%), la somnolence au volant (16%), les manœuvres dangereuses (13%) et la conduite à contresens (6%). Les piétons ne sont pas épargnés : ils représentent 14% des accidents mortels de l’année, dont 58% surviennent à la suite d’une panne et 80,5% durant la nuit.
Le bilan touche aussi les personnels d’exploitation : deux agents d’autoroute ont été tués et treize blessés en intervention sur le réseau en 2025. L’ASFA rappelle, par la voix de son communiqué, que « derrière chacun de ces chiffres se trouvent des femmes et des hommes qui œuvrent chaque jour pour garantir la sécurité et la fluidité du trafic. Leur mission ne devrait jamais les exposer à une telle exposition au danger ». Ces interventions ont lieu au bord de voies rapides où la vitesse moyenne reste élevée, un facteur de risque supplémentaire pour ces agents comme pour tout usager arrêté sur la bande d’arrêt d’urgence.
Un réseau statistiquement plus sûr, mais pas sans risque pour les motards
L’ASFA rappelle que l’autoroute reste le réseau routier le plus sûr de France, avec 1,3 accident par milliard de kilomètres parcourus, soit cinq fois moins que sur les routes nationales. Un chiffre qui doit néanmoins être relativisé à l’approche des grands départs estivaux, période où motards et automobilistes se croisent en nombre sur ces axes à fort trafic, souvent de nuit et sur de longues distances.
La vigilance reste donc de mise, en particulier concernant l’alcool et la fatigue, deux facteurs sur lesquels chaque usager garde un total contrôle avant de prendre la route. Pour un motard, la vulnérabilité intrinsèque du deux-roues rend ces statistiques d’autant plus pertinentes : la moindre perte d’attention d’un automobiliste fatigué ou alcoolisé peut avoir des conséquences bien plus graves qu’entre deux véhicules carrossés.

