Le Conseil National de la Sécurité Routière fête son quart de siècle d’existence et en profite pour formuler trois nouvelles recommandations, sur la formation des jeunes, l’aptitude à conduire et l’instauration d’une journée nationale des victimes de la route.
Un quart de siècle de concertation entre acteurs de la route
Voilà maintenant vingt-cinq ans que le Conseil National de la Sécurité Routière (CNSR) a vu le jour afin de réunir toutes les parties prenantes intervenant dans la sécurité routière au sein d’une même instance de concertation. Il rassemble des élus, des représentants des administrations, des associations, des experts, des professionnels, des médecins ainsi que des pompiers en charge du secours aux victimes.
L’idée est de permettre à chaque acteur d’apporter son analyse et son expertise afin de contribuer à faire progresser la politique de sécurité routière, en l’orientant vers des causes ou des sujets représentatifs, même si les décisions prises ne mettent pas toujours tout le monde d’accord. L’organe reste purement consultatif et n’a aucun pouvoir décisionnaire, mais ses recommandations sont le plus souvent transposées dans la loi au cours des années qui suivent, ce qui en fait un baromètre utile des évolutions réglementaires à venir pour les deux-roues comme pour l’ensemble des usagers.
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Trois nouvelles recommandations, dont un sujet sensible
Le CNSR n’a pas manqué de fêter son 25e anniversaire à l’occasion d’une Assemblée plénière organisée à la Maison de la RATP. Au-delà des célébrations et des retours sur l’intérêt de cette instance de concertation, la séance a aussi été l’occasion pour les membres de formuler trois nouvelles recommandations sur des sujets bien distincts.
La première vise à renforcer l’instruction en milieu scolaire pour anticiper l’accès à la conduite et instaurer un socle commun de connaissances théoriques et pratiques. L’objectif affiché est de sensibiliser plus tôt les jeunes au partage de la route, notamment en raison de l’accès de plus en plus facilité à la conduite par le biais des engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) et des voitures sans permis électriques. La deuxième recommandation propose, elle, d’instaurer une journée nationale des victimes de la route, afin de mettre en avant les conséquences d’une conduite à risque tout en rendant hommage aux victimes et à leurs proches.
Le troisième sujet abordé est plus délicat : l’aptitude à conduire. Le débat sur la nécessité de contrôles d’aptitude, en particulier pour les conducteurs seniors, alimente régulièrement l’actualité depuis plusieurs années. L’Union européenne a adopté l’an dernier une directive imposant la mise en place d’une procédure de contrôle médical, en laissant plusieurs options aux États membres. En France, la piste retenue serait celle d’un auto-questionnaire d’évaluation de l’aptitude à conduire, une formule moins contraignante qu’une visite médicale obligatoire. Rien n’est toutefois arrêté à ce stade, ni sur la fréquence de ce contrôle ni sur le contenu précis des questions : le CNSR a donc placé l’élaboration des conditions d’application de cet auto-questionnaire parmi ses priorités pour les mois à venir.
Un engagement salué au niveau ministériel
Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la Citoyenneté, a salué le rôle de l’instance à cette occasion : « La sécurité routière nous concerne tous, chaque jour. Depuis 25 ans, le Conseil national de la sécurité routière contribue à faire vivre cet engagement. Aucune mort, aucune blessure sur nos routes ne doit être considérée comme une fatalité. »
Les travaux présentés pour cet anniversaire couvrent ainsi aussi bien le socle de connaissances des usagers que l’éducation à la mobilité ou l’accompagnement des victimes, des sujets qui concernent directement les motards, particulièrement exposés sur la route.

