Une mission d’information du Sénat formule 15 propositions pour mieux prévenir, détecter et réprimer les rodéos motorisés, parmi lesquelles l’allongement des peines de prison et la destruction systématique des véhicules saisis.
Une pratique en forte expansion
Lancée dans le cadre plus large du projet de loi RIPOST porté par le ministère de l’Intérieur, une mission d’information transpartisane du Sénat a planché durant quatre mois sur les rodéos motorisés et les rave-parties illégales. Le rapport livré par les rapporteurs totalise 28 propositions, dont 15 consacrées spécifiquement aux rodéos motorisés (roues arrière, wheelings, stoppies, drifts ou runs illégaux, pratiqués seuls ou lors de rassemblements organisés).
Les chiffres cités dans le rapport illustrent l’ampleur du phénomène : les infractions constatées par la police et la gendarmerie sont passées de 1 949 en 2019 à 4 724 en 2025, soit plus du double. Sur la seule année 2024, les forces de l’ordre ont comptabilisé plus de 38 500 interventions liées à des rodéos, soit environ une toutes les quinze minutes. La mission souligne en particulier une hausse de 247 % des interventions de la gendarmerie en six ans, signe d’une diffusion de la pratique vers les zones rurales et les petites villes.
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Des sanctions nettement renforcées
Parmi les mesures les plus marquantes, le rapport propose de porter à trois ans la peine d’emprisonnement maximale pour les rodéos motorisés commis en réunion, afin notamment d’élargir les moyens d’enquête disponibles. Il préconise également de traiter comme abandonné, puis de détruire sans délai, tout véhicule capable de dépasser 25 km/h par construction, saisi pour fait de rodéo et non déclaré sur le portail DICEM (déclaration et identification de certains engins motorisés).
La mission propose aussi d’ouvrir l’amende forfaitaire délictuelle au délit de rodéo motorisé, sans qu’il soit nécessaire de vérifier l’état de récidive légale, et d’habiliter les agents de police municipale à compétence judiciaire élargie à la délivrer. Autre piste : permettre au préfet d’interdire, à titre provisoire, à un contrevenant de conduire des véhicules ne nécessitant pas de permis de conduire.
Drones et vidéosurveillance en renfort
Sur le volet détection, les sénateurs proposent de créer un nouveau motif de recours aux drones pour le contrôle de la sécurité routière, dans des périmètres délimités par le préfet, ainsi que d’expérimenter la vidéosurveillance algorithmique pour repérer les manœuvres caractéristiques d’un rodéo. Le rapport suggère également d’interdire le remisage d’engins motorisés dans les parties communes, caves et sous-sols des immeubles en copropriété, une mesure destinée à limiter l’accès aux véhicules utilisés pour ces pratiques.
Une partie de ces propositions a vocation à être traduite rapidement dans la loi, en intégrant le projet de loi RIPOST porté par le ministère de l’Intérieur, qui vise plus largement à durcir l’arsenal législatif sur plusieurs fronts de la sécurité routière, et qui doit être examiné par les sénateurs dans les prochaines semaines.
Le rapport sénatorial ne se limite d’ailleurs pas aux seuls rodéos motorisés : il traite également des rave-parties illégales, un phénomène jugé lui aussi en expansion, avec 337 rassemblements de ce type recensés en 2025 et un taux de verbalisation des organisateurs limité à 40 %. Parmi les 13 propositions consacrées à ce volet, la mission suggère notamment d’abaisser de 500 à 250 personnes le seuil au-delà duquel une déclaration préalable devient obligatoire, afin de mieux encadrer ces événements en amont.
Source
Sénat : rapport complet de la mission d’information sur les rodéos motorisés et les rave-parties illégales, avec le détail des 28 propositions.

