radar covoiturage

Testés sur certains tronçons d’autoroute, les radars destinés à vérifier le nombre de passagers dans les véhicules sont désormais officiels grâce à un nouvel arrêté.

L’arrêté autorisant les “nouveaux radars” automatiques à verbaliser les conducteurs seuls qui utilisent les voies réservées au covoiturage (ACVR) est paru aujourd’hui dans le Journal Officiel. Ces dispositifs devraient faciliter la détection des infractions aux règles réservant certaines voies aux véhicules transportant un nombre minimum d’occupants. L’arrêté précise également les traitements automatisés des données personnelles collectées par ces radars.

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Un passager sinon une prune !

En clair, si vous empruntez une voie réservée au covoiturage sans passagers (en voiture ou en moto !), les radars automatiques enregistreront votre plaque d’immatriculation, les caractéristiques de votre véhicule et le nombre de passagers présents. Mais ce n’est pas tout ! Une connexion à une base de données des certificats de qualité de l’air permettra de vérifier votre vignette Crit’Air. Est-ce le premier pas vers la vidéo-verbalisation dans les ZFE (Zones à Faibles Émissions) ?

Efficacité et interrogations

Au-delà de générer des recettes (les radars automatiques ont rapporté 12,5 milliards d’euros en 20 ans), on peut se demander quelle est l’utilité de cette mesure, surtout pour les motos qui sont un atout pour la fluidité du trafic. Est-ce une manière supplémentaire de compliquer une circulation déjà bien encombrée ?

Radar de covoiturage : en quoi consiste le dispositif ?

Si beaucoup d’automobilistes n’en ont encore jamais entendu parler, les radars de covoiturage ne sont pas une nouveauté récente. Imaginés depuis 2020, les premiers dispositifs de ce type ont été installés sur l’autoroute A48 près de Grenoble (Isère). Cette installation est intervenue après la création d’une voie de 8 kilomètres réservée aux véhicules en covoiturage.

Comment fonctionne la voie dédiée au covoiturage ?

La voie spéciale covoiturage a pour but de réduire les embouteillages et de promouvoir des modes de transport plus « écologiques » comme l’autopartage. Son fonctionnement est simple : aux heures de pointe, la voie de gauche de l’autoroute est réservée aux « covoitureurs ». Cette restriction est signalée par un panneau lumineux affichant un losange blanc sur fond noir.

Durant ces périodes, seules les voitures pratiquant le covoiturage, les taxis et les véhicules à très faible émission (vignette Crit’Air 0) peuvent utiliser cette voie. En dehors de ces heures, la voie redevient accessible à tous les automobilistes.

Le radar comme solution de contrôle

Le défi réside dans la vérification du nombre de passagers à bord des véhicules empruntant cette voie. Pour simplifier, le gouvernement a décidé que tout véhicule transportant au moins deux occupants serait considéré comme pratiquant le covoiturage. Les radars jouent ici un rôle crucial : ils contrôlent le nombre de passagers et sanctionnent les infractions.

Comment fonctionnent les nouveaux radars de covoiturage ?

Les radars de covoiturage utilisent des caméras thermiques pour détecter la présence d’une personne (ou d’un objet) dans le véhicule. Équipées de capteurs, ces caméras captent le rayonnement infrarouge émis par les occupants, permettant ainsi de compter le nombre de passagers. Si une voiture avec un seul occupant est détectée sur la voie de covoiturage, le radar flashe sa plaque d’immatriculation. Si l’infraction est confirmée, l’automobiliste risque une amende de 135 euros.

À noter : le système de flash automatique n’a pas encore été testé en conditions réelles.

Radars de covoiturage : où sont-ils installés ?

Plusieurs radars de covoiturage sont déjà installés en France, notamment à Lyon, Grenoble et Paris. La plupart de ces dispositifs sont encore en phase de test et ne donnent pas lieu à des sanctions. Cependant, dans l’agglomération de Lyon, le dispositif n’est plus seulement « pédagogique » : les automobilistes utilisant la voie de covoiturage sans y être autorisés sont déjà verbalisés. Actuellement, les PV sont établis après une interpellation par les forces de l’ordre.

Mais des contrôles automatiques avec sanctions ne sont pas à exclure prochainement, la loi LOM (Orientation des Mobilités) permettant désormais l’usage de dispositifs fixes/mobiles de contrôle automatisé à cette fin.