Dans le cadre de sa stratégie Back to the Bricks, Harley-Davidson annonce rapatrier aux Etats-Unis la production des modèles Revolution Max destinés au marché nord-américain, à partir de 2027.
Un mouvement inverse à la tendance générale
La plupart des constructeurs de motos ont délocalisé une partie de leur production ces dernières années, ne conservant parfois une manufacture dans leur pays d’origine que pour les modèles haut de gamme, tout en s’appuyant sur des usines asiatiques ou des partenaires indiens et chinois pour le reste de la gamme. Harley-Davidson n’a pas dérogé à la règle : la marque de Milwaukee avait délocalisé sa production destinée à l’Europe pour limiter le surcoût des taxes liées au conflit commercial ouvert en 2018, avant de faire de même avec sa plateforme Revolution Max.
Mais dans le cadre de sa nouvelle stratégie baptisée Back to the Bricks, le constructeur annonce cette fois le chemin inverse : rapatrier aux Etats-Unis la production des modèles Revolution Max destinés aux marchés nord-américains. L’usinage, l’assemblage moteur, la peinture et l’assemblage final des Pan America 1250, Sportster S et Nightster seront ainsi réintégrés aux sites de production de Pennsylvanie et du Wisconsin.
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Une décision liée à la politique commerciale américaine
Harley-Davidson explique ce revirement par l’évolution récente de la politique commerciale des Etats-Unis, sous la même administration Trump dont les mesures avaient pourtant accéléré la délocalisation de la marque quelques années plus tôt. La transition de production doit être finalisée pour le lancement du millésime 2028, courant 2027 : la Motor Company prévoit de faire sortir plus de 100 000 motos de son usine de York, en Pennsylvanie, dès 2027.
Bill Davidson, vice-président, conseiller spécial du PDG et ambassadeur de la marque, a commenté cette annonce : « Ma famille travaille dans cette entreprise depuis des générations et j’ai pu constater par moi-même la fierté, le savoir-faire et le travail acharné qui caractérisent la fabrication des motos Harley-Davidson en Amérique. Le retour de la production aux Etats-Unis est une étape importante pour renouer avec la tradition, investir dans l’industrie manufacturière américaine et perpétuer les valeurs qui ont fait de Harley-Davidson l’une des marques les plus emblématiques au monde. »
Quelles conséquences pour les motards européens ?
L’annonce ne concerne, à ce stade, que la production destinée au marché nord-américain : rien n’indique un changement pour les motos Revolution Max vendues en Europe, dont la fabrication avait déjà été réorganisée par le passé pour des raisons similaires.
Cette relocalisation illustre néanmoins la façon dont les tensions commerciales internationales continuent de redessiner, au gré des administrations, la géographie industrielle des grands constructeurs moto, avec des répercussions potentielles sur les coûts et les délais de production à moyen terme.

